Jacques-Paul Migne
 
 Curé de Puiseaux (1826 – 1833)

Jeunesse et formation

Né en 1800 à Saint Flour (Cantal), Jacques-Paul Migne est issu d’une famille de commercants aisés mais assidus au labeur. Dans ce milieu rude et laborieux, Migne apprendra la tenacité en affaires.
Ses parents l’envoient au collège catholique de Saint-Flour où il montre peu d’assiduité. La principal, l’abbé Salerne, reconnaissant en lui malgré tout des dispositions intellectuelles, l’emmène avec lui au collège d’Orléans. Migne à l’époque a 17 ans. Il rencontre à Orléans des gens instruits et cultivés et se découvre une vocation sacerdotale. Entré au séminaire, il étudie avec ardeur afin de rattraper le temps perdu.
Comme il est trop jeune pour être ordonné prêtre, il est nommé censeur au collège de Châteaudun, puis professeur de 1820 à 1824. En 1824, il est ordonné prêtre.

L'abbé Migne à Puiseaux
Jacques-Paul Migne curé de Puiseaux

Pendant 17 mois, Migne est curé dans un canton de Châtillon. Malgré sa bonne constitution. Il tombera malade à cause du climat humide de cette région du Gâtinais. Mgr. De Beauregard le nomme alors à la cure d’Auxy.
Il y restera peu de temps car il est envoyé à Puiseaux afin de remplacer l’abbé Panier âgé de 73 ans. Ce dernier, calme et pondéré, était très estimé à Puiseaux. La succession se révèle difficile pour le jeune Migne, au caractère énergique et autoritaire. De plus un courant anti-clérical se développait dans tout le pays. Cependant, durant les premières années, Migne fut bien accepté par la population où il développera une grande activité.
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Le presbytère de Puiseaux

 

 


Fresque de Balze représentant Saint Roch


Malheureusement, l’entente dura peu et le nouveau régime, sous le roi Louis-Philippe, y contribua pour beaucoup. La monarchie se distanca de la religion catholique et rétablit le drapeau tricolore. Migne, royaliste convaincu, entra en conflit avec la population de Puiseaux qui avait un bon souvenir de la République. Migne s’attira même les griefs de la population lors d’une procession traditionnelle. Dans les rues de Puiseaux, il refusa de bénir un reposoir parce qu’il était décoré de drapeaux tricolores, alors qu’il ne tolérait que les drapeaux blancs. Sous les yeux médusés de la foule, il planta là, cortège et officiles pour s’enfuir ves son église dont les portes restèrent closes toute la journée.
Entre-temps l’abbé Migne se lance dans la rédaction d’un livre intitulé „De la liberté, par un prêtre".
Au même moment, une grave épidémie de choléra se développe en France, notre curé se dépense sans compter pour soulager nombre de malades des environs; l’épidémie enrayée, il organise une grande procession. 

Statue de Saint Roch



L'abbé Migne âgé
On exposa les reliques de Saint-Roch, protecteur de la peste et des épidémies, au presbytère. A cette occasion, grâce à une quête publique, on offrit au saint une nouvelle châsse digne de recevoir ses reliques. Aujourd’hui, ces reliques se trouveraient á l‘évêché d’Orléans.On peut admirer la châsse auprès de l’autel réservé à Saint-Roch dans le bas- coté nord à Puiseaux.

La procession eut un succès inoubliable. Vingt trois paroisses des alentours y participèrent. Jamais Puiseaux n’avait connu un tel déploiement de foule.
Les efforts de Migne ne furent guère récompensés par ses supérieurs. Au contraire, l’évêque de Beauregard interdit à Migne la publication de son livre. Ulcéré, ce dernier demande à quitter Puiseaux. Avec l’accord de l’évêque, il se rend à Paris fin 1833. Son ministère à Puiseaux aura duré sept ans.

Jacques-Paul Migne journaliste et éditeur

Migne s’est rendu compte de la puissance de l’écrit et de la presse et dès le 3 novembre 1833 il fonde un journal „l’Univers Religieux" et en peu de semaines, il compte déjà 1800 abonnés. Il se fait aider par des collaborateurs, dont Louis Veuillot qui rachètera plus tard le journal et l’éditera sous le nom „l’Univers".
Par la suite, Migne créera d’autres journaux qui lui attireront des ennuis tant du côté de l’Eglise que du côté du pouvoir. Il se découvre ensuite la vocation d’éditeur.

En 1857, il publie deux livres sur l’Ecriture Sainte et la Théologie dont les bénéfices financeront un atelier d’imprimerie au Petit Montrouge. Plus tard, il fondera une véritable usine dans le XIVième arrondissement. Son entreprise ne cesse de s’accroître et il emploie vers 1854 près de 500 ouvriers. C’était à l’époque la plus grande imprimerie privée du pays ; tous les corps et métiers du livre y étaient représentés.

Alors que son usine prospérait, elle fut hélas détruite par un violent incendie dans la nuit du 12 au 13 février 1868. L’oeuvre de sa vie fut ainsi réduite à néant.
Malgré 18 contrats d’assurance qu’il avait contactés et après de nombreux procès pour obtenir des indemnité, il ne récupérera qu’une maigre somme qui ne suffira pas à relancer son entreprise. Il avait bientôt 70 ans et il se sentait très fatigué. Il mourut dans son appartement de l’avenue du Maine le 24 octobre 1875.

L’oeuvre de Jacques-Paul Migne

La maison d’édition de Migne fonctionnera pendant 30 ans. Migne avait prévu pour sa Bibliothèque Universelle 2000 volumes. Seuls 1019 livres seront publiés.
On peut classer son oeuvre en trois parties :

  • Oeuvres purement religieuses
  • Oeuvres encyclopédiques
  • Patrologie

Cette dernière partie eut un réel succès, Migne étant précurseur en ce domaine.

Ce qui reste de l’oeuvre de Migne

L’ampleur considérable des éditions Migne ne pouvait que susciter la critique, voire la convoitise. Ses collections eurent un réel succès, aussi bien dans les milieux écclésiastiques que laiques.
Précurseur en son temps, il avait inventé le livre à bas prix en favorisant la souscription directe, ce qui lui valut la critique acerbe des libraires.


Plaque scellée à mémoire de l'abbé Migne sur le mur du presbytère

 

 


Tableau offert à l'église de Desmont par l'abbé Migne


Tableau  offert à l'église d'Auxy par l'abbé Migne
Aujourd’hui beaucoup de ses oeuvres ne correspondent plus avec l’actualité. cependant certains dictionnaires dont la science évolue peu tels les „Apocryphes de la Bible, l"Héraldique" ou les „Hérèsies" sont encore utilisés.

Malgré sa renommée à Paris et même dans toute l’Europe grâce à l’édition, Migne n’oubliera jamais ses débuts dans le Gâtinais. En effet, il offrit à l’église de Desmont et à l’église d’Auxy deux tableaux. Par contre on n’a jamais trouvé trace d’un don quelconque à l’église de Puiseaux.
Source: Bulletin Municipal de Puiseaux 2000. Comité de rédaction: M. J.-C. Pompée